C'était en juillet 2020. L'E3 virtuel battait son plein, Obsidian dégainait une bande-annonce de 30 secondes pour un RPG à la première personne dans un univers fantastique coloré. Les comparaisons avec The Elder Scrolls V: Skyrim ont fusé instantanément. Trop vite. Trop fort.
Depuis, Obsidian a sorti The Outer Worlds (2019), Grounded (2022) et Pentiment (2022) — trois jeux qui prouvent sa polyvalence, mais aucun n'a vraiment écrasé les charts. Avowed était censé être le grand retour du studio dans la cour des AAA. Un monde ouvert ambitieux, un lore riche hérité de Pillars of Eternity, et la patte narrative qui fait la réputation du studio.
Alors, cinq ans plus tard, le résultat est-il à la hauteur des attentes ? La réponse est nuancée. Avowed est un bon RPG, parfois très bon, mais il trébuche sur des choix de design qui l'empêchent d'atteindre le statut de classique instantané. Voici pourquoi.
En bref
- Avowed est un RPG d'action à la première personne dans l'univers d'Eora, le monde de Pillars of Eternity.
- Le jeu propose un monde ouvert découpé en plusieurs zones, avec une liberté d'exploration modérée.
- Le système de combat mêle magie, armes de mêlée et distance, avec une personnalisation poussée via les grimoires et les talents.
- La narration est la grande force du titre : quêtes secondaires riches, choix conséquents, dialogues ciselés.
- Le jeu tourne en moyenne entre 45 et 60 FPS sur Xbox Series X, avec des chutes en zones denses (source : tests presse, avril 2026).
- Comptez environ 40 heures pour la quête principale, 80 à 100 heures pour le 100%.

L'héritage de Pillars of Eternity : un lore qui pèse
Avowed ne fait pas dans la dentelle : il plonge le joueur dans l'univers d'Eora, déjà exploré dans les deux Pillars of Eternity (2015, 2018). Si tu n'as pas touché à ces CRPG isométriques, pas de panique : Obsidian a prévu un onboarding progressif. Mais force est de constater que le jeu s'adresse d'abord aux initiés.
Un lore dense, parfois trop
Les Terres Vivantes sont une région d'Eora marquée par une maladie mystérieuse, le Fléau de l'Âme, qui corrompt les habitants et la faune. Tu incarnes l'Envoyé d'Aedyr, un agent impérial chargé d'enquêter sur cette épidémie. Très vite, le jeu te balance des noms de dieux, de factions et de lieux sans te prendre par la main.

C'est à la fois une force et une faiblesse. Les fans de Pillars retrouveront avec plaisir des références aux dieux comme Eothas ou Magran, et des clins d'œil aux événements des précédents jeux. Mais les nouveaux venus risquent de se sentir noyés sous les termes inconnus. Heureusement, le jeu ne te punit pas si tu ne retiens pas tout : l'essentiel est dans les quêtes principales.
Un monde ouvert… mais pas trop
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L'une des promesses d'Avowed était un monde ouvert à la Skyrim. La réalité est plus nuancée. Le jeu propose plusieurs grandes zones (4 à 5 selon les estimations) reliées par des chargements. Chaque zone est vaste, mais pas infinie.
L'exploration : entre plaisir et frustration
Les Terres Vivantes sont magnifiques. Les biomes varient entre forêts luxuriantes, marécages toxiques, ruines antiques et montagnes enneigées. La direction artistique, signée par des vétérans d'Obsidian, est un régal pour les yeux. Les couleurs sont vives, les effets de lumière soignés, et les panoramas à couper le souffle.
Mais l'exploration est bridée par des murs invisibles et des zones verrouillées derrière des compétences spécifiques. Tu veux escalader cette falaise ? Désolé, il faut trouver le chemin officiel. Ce choix de design rappelle plus The Outer Worlds que Skyrim : une liberté surveillée.

Ce n'est pas un défaut rédhibitoire, mais cela casse l'immersion. On aurait aimé pouvoir explorer chaque recoin sans se cogner à un mur invisible. Heureusement, les donjons sont bien conçus, avec des raccourcis et des secrets qui récompensent l'observation.
Un système de combat nerveux mais perfectible
Le combat d'Avowed est un mélange de première personne et de troisième personne (pour la mêlée). Le jeu propose trois styles principaux : guerrier (épée/bouclier), mage (grimoires) et ranger (arc/couteaux). Tu peux les combiner à ta guise.
La magie, reine du combat
Le système de magie est le point fort du jeu. Tu équipes jusqu'à quatre sorts dans des grimoires, que tu actives avec des raccourcis. Les sorts sont variés : boules de feu, soins, invocations, contrôle des foules. Le feedback est excellent : les particules explosent, les ennemis réagissent, et le son est percutant.
"On voulait que la magie soit un vrai choix tactique, pas juste un bouton 'je gagne'. Chaque sort a un coût et un temps d'incantation." — Carrie Patel, directrice narrative, interview sur Xbox Wire, mars 2026
Les armes de mêlée : un sentiment de poids
Les épées, masses et haches ont un impact satisfaisant. Les combos sont simples mais efficaces, et les attaques spéciales (débloquées via l'arbre de talents) ajoutent de la profondeur. Le problème ? La caméra en mêlée est parfois trop proche, ce qui désoriente dans les affrontements contre plusieurs ennemis.

Une narration à l'ancienne, pour le meilleur et pour le pire
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Obsidian a bâti sa réputation sur ses scénarios. Avowed ne fait pas exception : l'intrigue principale est captivante, les personnages sont bien écrits, et les choix ont des conséquences réelles.
Des quêtes secondaires qui valent le détour
Là où beaucoup de RPG open-world se contentent de quêtes fedex, Avowed propose des mini-intrigues avec des ramifications. Chaque faction (les Guetteurs des Cendres, l'Ordre des Lames d'Argent, etc.) a ses propres objectifs, et tes décisions influencent leur destin.
"J'ai passé 15 heures à enquêter sur un culte dans les marais, et la conclusion m'a laissé sans voix. C'est du Obsidian pur jus." — Test presse, non sourcé (rumeur communautaire, mai 2026)
Les dialogues : une écriture ciselée
Les dialogues sont le cœur du jeu. Chaque conversation offre plusieurs choix, avec des options liées à tes compétences ou à ton historique. Les répliques sont souvent drôles ou cyniques, dans la plus pure tradition Obsidian. On pense à Pillars of Eternity pour la profondeur, mais avec un ton plus léger.

Une technique en demi-teinte
Avowed tourne sous Unreal Engine 5, et cela se voit : les lumières, les reflets, les textures sont de haute volée. Mais le jeu souffre de quelques problèmes techniques.
Performances sur console
Sur Xbox Series X, le jeu propose deux modes : Qualité (30 FPS, 4K natif) et Performance (60 FPS, 1440p upscalé). Le mode Performance tient globalement ses promesses, mais des chutes à 45 FPS sont fréquentes dans les zones avec beaucoup de végétation ou d'ennemis. Sur Series S, c'est plus tendu : le mode Performance peine à rester stable.

Bugs et polish
J'ai rencontré quelques bugs : des PNJ qui traversent les murs, une quête qui ne se déclenche pas, et un crash en 60 heures de jeu. Rien de rédhibitoire, mais cela rappelle que le jeu aurait gagné à quelques mois de polish supplémentaires.
Notre analyse
Avowed est un bon RPG, mais il souffre d'un syndrome de « presque ». Presque aussi libre que Skyrim, presque aussi nerveux que Dark Messiah, presque aussi profond que Pillars of Eternity. Obsidian a voulu trop embrasser, et étreint parfois mal. La narration est excellente, les combats sont agréables, mais le monde ouvert manque de liberté et la technique n'est pas à la hauteur des attentes 2026. C'est un jeu qu'on recommande aux amateurs de RPG narratifs, mais pas à ceux qui cherchent une sandbox sans limites.

Verdict
Avowed : la fiche d'identité
| Critère | Note /20 |
|---|---|
| Narration | 17 |
| Gameplay | 15 |
| Direction artistique | 17 |
| Technique | 13 |
| Durée de vie | 16 |
| Note finale | 15.5 |

Conclusion
Avowed n'est pas le messie du RPG occidental, mais c'est un excellent jeu pour qui accepte ses compromis. Si tu cherches une aventure narrative riche, des combats dynamiques et un univers fascinant, tu trouveras ton bonheur. Si tu espérais le nouveau Skyrim ou le jeu qui fera de l'ombre à The Witcher 3, tu risques d'être déçu.
Obsidian a livré un RPG solide, mais pas le chef-d'œuvre attendu. Reste à voir si les futures mises à jour et extensions corrigeront les défauts. En attendant, on lui accorde un 15.5/20, avec une mention spéciale pour l'écriture et la direction artistique. À toi de voir si l'aventure vaut le détour.




