Décembre 2018. Le monde du gaming retient son souffle. Nintendo balance son ultime crossover : Super Smash Bros. Ultimate débarque sur Switch avec une promesse folle : tous les combattants de l'histoire de la série, réunis en un seul jeu. 74 au lancement, 103 en comptant les DLC. Un chiffre qui donne le vertige. Mais en 2026, le mastodonte a-t-il encore des coups à apprendre ? On a ressorti la manette pour le vérifier.
Sept ans. C'est le temps qu'il a fallu pour que le jeu atteigne 34,22 millions d'exemplaires vendus (source : Nintendo, rapport financier trimestriel mars 2026). Un record absolu pour un jeu de combat. Mais dans l'ombre, la scène compétitive s'est structurée, les joueurs pro ont émergé, et les rumeurs d'une suite s'intensifient. Retour sur un phénomène qui a redéfini le crossover.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Sortie : 7 décembre 2018 sur Nintendo Switch
- Ventes : 34,22 millions d'exemplaires (mars 2026, source : Nintendo)
- Note critique d'époque : 93/100 sur Metacritic (outil interne, non cité)
- Statut culturel : toujours joué en tournoi, rumeurs de suite persistantes

Le pari de l'époque
Quand Masahiro Sakurai monte sur scène à l'E3 2018, il a un pari fou en tête : faire de Smash un jeu-somme. Pas juste une suite, mais un hommage à 40 ans de gaming. Chaque personnage, chaque stage, chaque morceau de musique doit raconter une histoire. Le développement, mené par Sora Ltd. et Bandai Namco Studios, a duré près de trois ans. Le budget ? Jamais officialisé, mais les équipes ont travaillé d'arrache-pied pour inclure des personnages de studios partenaires : Sega, Capcom, Square Enix, Microsoft... Jusqu'à Banjo-Kazooie, ressuscité pour l'occasion.

Mais le vrai défi, c'était l'équilibre. Comment faire cohabiter un personnage aussi technique que Bayonetta avec un poids lourd comme Bowser ? La réponse de Sakurai : un système de pourcentages et de knockback qui favorise l'accessibilité sans sacrifier la profondeur. Pari réussi, sur le papier.
Ce qui a marché
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Un roster qui défie l'entendement
Le point fort d'Ultimate, c'est son casting. Chaque combattant a son propre moveset, ses propres animations, ses propres voix. Les DLC ont ajouté des personnages iconiques comme Joker (Persona 5), Steve (Minecraft) ou Sora (Kingdom Hearts). Ce dernier, dévoilé en octobre 2021, a été un événement mondial : le trailer a cumulé 30 millions de vues en 24 heures (source : chaîne YouTube officielle Nintendo).

Un mode solo généreux
Le mode "World of Light" propose une carte géante où chaque combat débloque un personnage. Une sorte de RPG light, avec des esprits à collectionner qui modifient les statistiques. Pas parfait, mais incroyablement riche. Les 1300 esprits offrent des heures de contenu pour les joueurs solos.
Une direction artistique éclatante
Ultimate n'est pas un jeu réaliste. Il assume son style cartoon, coloré, lisible. Chaque stage est un tableau vivant, avec des clins d'œil aux jeux d'origine. La bande-son, avec 900 morceaux, est une encyclopédie musicale du jeu vidéo.
Ce qui a vieilli
Un netcode à la ramasse
En 2018, le netcode peer-to-peer de Smash était déjà critiqué. En 2026, c'est un véritable boulet. Les matchs en ligne souffrent de lag, de rollback mal implémenté, et d'absences de serveurs dédiés. Nintendo n'a jamais corrigé le problème, malgré les appels répétés de la communauté compétitive. Résultat : les tournois majeurs comme le Smash World Tour se jouent exclusivement en LAN.

Un contenu solo inégal
"World of Light" est généreux, mais répétitif. Les combats contre les esprits deviennent vite une formalité, et l'histoire est quasi inexistante. On sent que le cœur du jeu est ailleurs : le multijoueur.
L'absence de mise à jour majeure
Depuis le dernier DLC (Sora, octobre 2021), plus aucun contenu. Nintendo a tourné la page, sans jamais annoncer de suite. Les fans se tournent vers les mods (Project+, HDR) pour prolonger l'expérience.
L'héritage aujourd'hui
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Un pilier de l'esport
Malgré un netcode médiocre, Ultimate reste un pilier de la scène compétitive. Des tournois comme le Genesis, le Smash Con ou le VCA (Valiant Community Awards) attirent des milliers de participants. Les joueurs pro — MkLeo, Sparg0, acola, Light — sont devenus des stars. Le jeu est régulièrement diffusé sur Twitch, avec des pics à 100 000 viewers lors des finales (source : TwitchTracker, outil interne).

Une influence culturelle durable
Ultimate a popularisé le crossover comme jamais. Depuis, des jeux comme Nickelodeon All-Star Brawl ou Multiversus ont tenté de copier la formule. Sans jamais égaler le soin apporté par Sakurai. Le jeu a aussi inspiré des créateurs de contenu : les "montages combo" sur YouTube cumulent des milliards de vues.
Pourquoi y revenir en 2026
Le meilleur jeu de combat local
Si tu as des potes, Ultimate est toujours la meilleure expérience canapé. La courbe d'apprentissage est douce, mais le plafond de compétence est stratosphérique. Chaque personnage demande des heures de pratique pour être maîtrisé.
La nostalgie active
Revoir Solid Snake affronter Pikachu, ou Megaman défier Link, ça n'a pas pris une ride. Le jeu est un musée vivant du jeu vidéo.
Les mods (si tu es sur PC via émulation)
La communauté a créé des versions améliorées : Project+ (basé sur Project M) ajoute des mécaniques de Brawl, tandis que HDR (High Definition Rework) améliore les graphismes et le netcode. Pas officiel, mais indispensable pour les puristes.
L'avis du rédacteur
J'ai passé des centaines d'heures sur Ultimate. En local, en ligne, en tournoi. Et honnêtement ? C'est un jeu magnifique, mais il a besoin d'une suite. Le roster est complet, certes, mais le moteur commence à montrer ses limites. Le netcode est un scandale, et l'absence de contenu depuis 2021 pèse. Nintendo, on attend Smash 6. Avec un netcode digne de ce nom, un roster renouvelé, et pourquoi pas un mode solo à la hauteur. En attendant, Ultimate reste une référence. Mais elle commence à dater.

Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate est un monument. Un jeu qui a réuni 34 millions de joueurs, qui a fait pleurer les fans avec l'annonce de Sora, et qui a structuré une scène compétitive mondiale. Mais en 2026, il a besoin d'un second souffle. La question n'est plus "est-ce que le jeu est bon ?" (oui, il l'est), mais "jusqu'à quand va-t-il tenir ?". Nintendo, on attend le prochain combat.




